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TECHNIQUES PHOSPHENIQUES

LE POINT DE DILATATION

Nous savons combien la pénurie de vocabulaire scientifique a été un des facteurs majeurs de la perte des techniques initiatiques au cours des temps, comme l’initiation de Mithra au cours de laquelle le candidat devait être enfermé dans une grotte, fixer une torche pendant trois jours et ensuite continuer à voir des “lumières” en obscurité. Ces lumières étaient évidemment des phosphènes.

Or, l’élément central de l’initiation, celui qui permet de passer dans “l’envers du monde”, est à la portée immédiate de chacun de nous, mais s’il n’est pas plus utilisé, c’est qu’une erreur de vocabulaire nous en masque le vrai maniement, comme nous allons le prouver par des expériences que chacun de nous pourra vérifier facilement.
C’est ainsi, par exemple, que dans bien des traités de Yoga et d’ouvrages de développement psychique, il est dit que la voyance se développe en concentrant son esprit sur un point entre les deux yeux.

D’une façon générale, il est admis, traditionnellement et sans preuves expérimentales, que c’est en portant son attention sur un point intérieur, de préférence sur un des chacras, ou centre psychique du corps éthérique, que l’on développe ses facultés paranormales. Le mysticisme Chrétien ne fait pas exception à la règle.

Ces textes et bien d’autres analogues ont propagé l’idée que le “point de concentration” est la clé du développement spirituel. Mais si ceci était vrai, c’est si facile à réaliser que chacun de nous serait devenu un grand voyant et mystique par cette voie. Nous allons montrer qu’en réalité, il s’agit d’un “point de dilatation”.

En effet, étant assis, les yeux ouverts dans une certaine pénombre, faisons l’expérience suivante : cherchons à nous imaginer un objet très petit, par exemple une étincelle, et observons ce qui se passe. Il faut évidemment recommencer plusieurs fois de suite l’expérience, car l’image mentale a tendance à se dissiper. Justement, ce qui nous intéresse ici est de remarquer comment elle se dissipe. En effet, en général, avant la disparition de l’image mentale, on constate sa dilatation, dans les formes les plus variables suivant les sujets et chez un même sujet à des expériences successives.

Parfois, cette image mentale prendra la forme d’une tache irrégulière qui s’évaporerait comme une petite flaque d’éther, parfois de filaments ou de cercles concentriques. Une expérience de psychologie est apparente avec celle-ci : si l’on montre à des enfants un carré puis qu’on le retire, qu’on leur demande de dessiner ce carré de mémoire, de quart d’heure en quart d’heure, en leur retirant à chaque fois leur feuille, le dessin est de plus en plus grand au fur et à mesure que le temps passe.

Nous voyons donc que ces deux expériences convergent pour démontrer l’existence d’une force de dilatation de la pensée, une tendance expansive de l’imagination. L’inverse n’est pas vrai : essayez de vous représenter un objet géant, vous ne le verrez pas diminuer de dimension !

Faisons maintenant une expérience complémentaire très instructive : imaginons la circonférence d’un petit cercle comme une ligne blanche au départ, puis représentons-nous ce cercle qui grandit, de telle sorte qu’en quelques secondes, il atteigne la dimension maxima que notre imagination puisse concevoir et qu’alors, cherchant à la dépasser, pour ainsi dire il se dilue à la périphérie ; puis restons quelques secondes au repos et observons ce qui se passe : il se reforme alors, SANS PARTICIPATION DE LA VOLONTÉ, EN LUMIERE IMAGINAIRE AU CENTRE DE L’ANCIEN CERCLE, cette lumière pouvant revêtir l’aspect d’une étincelle ou d’une tache.

Si nous l’observons quelques instants, sa tendance naturelle au grandissement se manifeste et alors nous pouvons l’accentuer en dilatant de nouveau le bord de cette tache à peu près circulaire jusqu’aux limites des possibilités de l’imagination. Après quelques instants, quelque chose réapparaîtra à l’ancien centre et ainsi de suite indéfiniment.

Mais le processus inverse n’est pas vrai : si nous cherchons à rétrécir le rayon du cercle, une résistance naît vers le centre et la figure se déforme et tend à se dilater malgré nous. Tout au plus, par ce procédé, arrive-t-on à entretenir une pulsation, dans l’imagination, d’une image visuelle alternativement croissante et décroissante, avec l’impression que rien de neuf n’apparaît au centre.

Donc, dans le premier exercice, nous nous trouvons bien en présence d’un point de dilatation des forces de l’imagination visuelle qui crée un courant continu sur la direction allant de l’infiniment petit à l’infiniment grand.
Ce processus est comparable à celui qui se passe lors de la contraction cardiaque : le cœur lance le sang dans les vaisseaux par une contraction, mais son remplissage est purement passif : la contraction de l’oreillette fait tomber le sang dans le ventricule, mais c’est par simple dilatation que les oreillettes se remplissent. De même, dans l’exercice du “point de dilatation”, l’effort de volonté est mis sur l’extension, la dilatation, pour accentuer la tendance naturelle de l’imagination dans ce sens, mais la formation d’un nouvel élément à l’emplacement du centre du premier qui s’est évaporé est complètement passif.

Nous recevons alors quelque chose de neuf dans la conscience, sans participation de la volonté.

Il y a un aspect très moral à cette loi de fonctionnement du “point de dilatation” : nous devons faire l’effort volontaire de donner, le retour se fait passivement par ce que la philosophie hindoue appelle le Karma. De même travaille le cœur, seulement comme une pompe refoulante et non aspirante et refoulante, et c’est la force du sang lancé qui pousse celui qui est devant, provoquant son retour au cœur par le circuit de la circulation, tout comme nous n’avons pas à prendre conscience du détail du mécanisme du Karma qui nous ramènerait à coup sûr sur les conséquences de nos actes.

Celui qui s’entraîne à faire quelques semaines cet exercice du point de dilatation, pendant quelques minutes par jour, en s’endormant, aura une curieuse surprise.

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