Sélectionner une page

TECHNIQUES PHOSPHENIQUES

LES 7 CRANS DU DÉDOUBLEMENT

Un dédoublement n’est pas une expérience que l’on réussit ou que l’on rate. On se dédouble toujours plus ou moins, mais le passage d’un degré à l’autre n’est pas progressif. Il se fait par des sortes de crans bien précis donnant des expériences intérieures très différentes, d’où l’expression “réussir un dédoublement” pour signifier que l’on est parvenu à un cran plus élevé que celui que l’on atteint d’habitude. Nous distinguerons, d’une façon un peu conventionnelle, sept de ces crans que nous ne pouvons nommer étapes, car ils ne se présentent pas forcément dans leur ordre naturel.

1 – Projection instantanée de l’image du corps dans la vie courante

Si nous marchons dans la rue pour nous rendre auprès de quelqu’un que nous aimons fort bien, notre lieu et notre mouvement ne nous empêchent pas de nous imaginer déjà chez la personne en train de lui faire conversation.
Cette projection de l’image en nous-même dont nous remarquons, si nous la surveillons, qu’elle survient en de multiples occasions au cours de la journée est le premier degré du dédoublement spontané.
Nous relevons déjà certaines caractéristiques que nous utiliserons pour provoquer les formes plus profondes de dédoublement par les exercices de contractions statiques dans la prise de conscience de cette image du corps : brusquerie du début, perte de la conscience de l’image entre notre corps et l’endroit projeté, car elle apparaît immédiatement dans le lieu que nous pensons.

2 – Projection prolongée de l’image du corps, celui-ci étant au repos

Allongé, en relaxation, imaginer tout d’abord des petits points lumineux apparaissant à la surface de la peau et dans toutes les parties du corps dont on a conscience. Tous ces points se détachent, se regroupent dans l’axe du corps et se rassemblent pour sortir par le sommet du crâne. Penser au lieu où l’on veut se rendre, y projeter cette image sous la forme d’un nuage blanchâtre. On peut prendre chaque point un par un et lui faire décrire ce parcours. On peut également en voir de nombreux simultanément, comme une gerbe d’étincelles rassemblée par un courant d’air qui sortirait par le sommet du crâne. Surtout si l’on pratique cet exercice pendant l’endormissement, on sera surpris de constater qu’après un moment, lorsque l’image de nous-même se forme volontairement à l’extérieur du corps, elle est beaucoup plus nette, plus dense que d’habitude, donnant davantage l’impression d’une promenade dans un autre monde.

3 – Introduire dans ce processus le rythme de deux secondes

Ceci est probablement l’élément fondamental pour obtenir le meilleur dédoublement possible. En observant sur soi-même, si l’on y est sujet, comme sur d’autres, les rêveries de l’endormissement, on découvrira en elles un cycle très lent qui ramène sans trêve la même pensée principale. Ce cycle est d’environ trois minutes, c’est-à-dire, fait curieux à relever, de la même nature que le phosphène sans éblouissement ou le phosphène consécutif à l’éblouissement.
En synchronisant sa concentration sur ce rythme caractéristique de la rêverie de l’endormissement, on fait pénétrer en elle la force initiatique, c’est-à-dire la totalité de l’énergie rythmo-phosphénique que l’on a déjà accumulée. Elle métamorphose la rêverie de l’endormissement comme par un coup de baguette magique ; elle devient promenade à travers l’au-delà. Réciproquement, le complexe rythmo-phosphénique en tire une énergie considérable.

4 – Synchroniser la concentration avec le rythme propre de la rêverie de l’endormissement

a) Se représenter le point de concentration hors du corps, au loin.
b) De plus émanent périodiquement des formes QUI VONT EN SE DILATANT JUSQU’A SE PERDRE DANS L’INFINI. Ces formes peuvent être très diverses : un cercle dont le rayon augmente jusqu’à se confondre avec l’horizon ; après un temps de repos, un autre cercle émane du point. On pourra, par exemple, donner aux cercles successifs chacune des couleurs du spectre. Après des séries de cercles, on éprouvera le besoin de les remplacer par des jets d’étincelles à propagation à peu près rectiligne. Mais ce sont là des détails auxquels l’imagination doit laisser libre cours.
L’essentiel est le jaillissement à partir d’un point et la marche centrifuge vers l’infiniment grand. On se calquera, si cela n’est pas trop difficile, sur le rythme de deux secondes ; le rayon du cercle ne croîtra pas régulièrement, par exemple, mais par poussées successives toutes les deux secondes, l’ensemble rappelant les marées et les vagues, ce qui prouverait que nous imprimons à l’esprit par cette méthode un rythme cosmique. On peut aussi voir de superbes gerbes d’étincelles jaillir du point de concentration toutes les deux secondes.
Pendant un temps qui paraît assez long, cet exercice n’a de cesse de devenir de plus en plus facile, de faire jaillir les images mentales du monde sur lequel cette lumière se déverse avec une grande vivacité, puis on est subitement étonné de constater que la pensée ne peut plus suivre ce travail, mais a tendance à se disperser.
Alors, recommencer exactement la même concentration, mais en sens inverse, les mêmes images partant de l’infini pour se condenser dans le point ; ce mouvement centrifuge durera un temps égal à celui qu’avait duré le mouvement centripète. De même, au cours des deux modalités de phosphènes associés ou consécutifs à l’éclairage, la couleur verte dure environ une minute et demie et la rouge un temps égal. C’est pourquoi, d’ailleurs, il est bon également de visualiser les couleurs du violet au vert pendant la dilatation, du jaune au rouge pendant la contraction, ordre que nous retrouvons d’ailleurs, analogie intéressante, en astronomie dans l’évolution des étoiles.
Lorsque l’on chronomètre le temps durant lequel la concentration ne cesse de s’améliorer pendant la visualisation centrifuge, il est d’environ une minute et demie et de même pour la concentration centrifuge (nous comprenons dans ce temps quelques instants de repos lors des changements de sens).
On remarquera également qu’au moment où la concentration approche du maximum, se produit le tourbillonnement du point puis à l’instant du maximum, les tensions statiques mentales. Par contre, la plus grande luminosité est obtenue lorsque la lumière est imaginée comme un cercle à l’infini.
Avec un peu d’habitude, la perte de conscience du corps physique, compensée par la prise de conscience d’un double extériorisé, est totale. Le double est ensuite dirigé vers l’endroit où la personne que l’on désire, et parfois, il peut aussi être perçu à distance.

5 – L’Éveil dans le sommeil

Principalement sous l’influence des oscillations fronto-occipitales du point de concentration, il arrive que l’on se réveille en pleine nuit, non pas dans le monde physique, mais au milieu des images du rêve qui sont d’ailleurs beaucoup plus nettes et souvent prophétiques.

6 – Vision de son propre corps physique et des objets matériels

Sous l’influence des exercices de tensions statiques, il arrive chez certaines personnes que, de temps à autre, une fois “sorties de leur corps”, elles perçoivent leur corps physique dans la position où il est réellement, ainsi que les objets matériels de la pièce où ils se trouvent.

7 – Perception d’un environnement ne rappelant pas le monde physique

Disons tout d’abord que la première différence qu’il y a entre un rêve et un dédoublement réside dans la qualité et la vivacité du contenu et des scènes qui se déroulent “en nous”. Ses scènes peuvent rappeler des éléments du monde physique ou des perceptions nous donnant l’impression de nous déplacer comme à l’intérieure d’une aurore boréale. Perception de déplacement dans un univers riche en couleurs.

Catégories