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TECHNIQUES PHOSPHENIQUES

QUELQUES APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES DU MIXAGE PHOSPHÉNIQUE

Par le Docteur LEFEBURE, Ancien Externe des Hôpitaux de Paris.

En 1966, nous avons eu pour la première fois l’idée d’expérimenter le mélange entre les pensées et les phosphènes. Rapidement nous avons constaté des effets très curieux, puis franchement favorables. Puis nous avons tenté d’en tirer une méthode pédagogique, avec des modalités d’applications précises pour chacune des disciplines scolaires.

En général, dès les premières séances, l’enfant constate que son travail est plus fructueux ; l’amélioration des notes au carnet scolaire est visible en un mois. Certains retards importants sont rattrapés de façon spectaculaire en quelques semaines. Une amélioration du caractère accompagne le meilleur rendement scolaire, ce qui facilite la discipline. On note également une augmentation de la curiosité intellectuelle et de l’esprit d’initiative.
L’application de cette technique n’est pas fatigante, mais au contraire reposante, car elle dégage une énergie qui donne une sensation de bien-être. De plus, elle ne fait pas perdre de temps à l’enfant, puisqu’elle est essentiellement une nouvelle façon d’apprendre les leçons, et, bien qu’à moindre degré, de faire ses devoirs.

Le principe de cette méthode est très simple, et se résume aisément : d’abord, qu’est-ce qu’un phosphène ? « Une sensation lumineuse subjective », dit le Dictionnaire Littré. Il en existe donc de plusieurs catégories, comme le phosphène par compression, dont font partie « les trente-six chandelles » que l’on voit après avoir reçu un coup sur l’œil.

Mais, dans un but scolaire, nous utilisons principalement la variété que nous avons nommée « Post-phosphène », ou phosphène consécutif à l’éclairage, en excluant de ces deux mots les phosphènes obtenus par d’autres méthodes : compressions oculaires, produits hallucinogènes, excitations électriques …

Pour l’observer, munissons-nous d’une ampoule opaline de 60 à 75 watts ; regardons-là d’une distance de deux mètres pendant une trentaine de secondes, puis éteignons, et restons dans l’obscurité. Nous voyons se succéder des couleurs pendant trois minutes, qui sont le plus souvent, après quelques secondes de latence, parfois occupées par des nuages grisâtres, d’une belle teinte verte, brillante (jaune, souvent, aux premières expériences), entourée d’un cadre rouge. Les limites entre ces teintes varient par sautes brusques ; même parfois le phosphène est sujet à des éclipses complètes, mais, en moyenne, le rouge grandit, et, après une minute et demie, le phosphène plus petit, est devenu entièrement rouge. Après la troisième minute, ce noyau est devenu bleu foncé, ou noir ; il est alors entouré d’un nuage gris blafard, trois ou quatre fois plus large que le noyau central, nuage aux bords dégradés, beaucoup plus stable que n’étaient les couleurs vives. Nous avons appelé « lueur diffuse » ce nuage par lequel se termine le phosphène.

Le « Mixage Phosphénique » consiste à mélanger une pensée avec le phosphène. Par exemple, un enfant qui veut apprendre une carte de géographie commence par l’étudier comme d’habitude dans son livre, puis il le ferme. La seule différence avec sa façon habituelle de travailler, c’est qu’avant de la repasser dans son esprit, pour mieux se la graver en mémoire, il fixera la lampe pendant trente secondes, puis, en restant dans l’obscurité (grâce à un bandeau, pour ne pas gêner éventuellement les personnes qui travaillent dans la même pièce).

C’est pendant la présence du « Post-phosphène » qu’il repensera à sa carte, détail par détail, puis en une représentation mentale d’ensemble. S’il le peut, le sujet fera coïncider l’image mémorisée de la carte avec le phosphène. S’il ne fait pas coïncider le phosphène avec son image mentale, la mémorisation se produit par la seule coïncidence dans le temps du phosphène et de l’image mentale.

L’expérience prouve que la pensée se charge alors du phosphène, comme une éponge dans un plâtre où on la plongerait : pendant l’expérience, la pensée n’est pas différente, mais c’est ensuite que cette image mentale revient plus nette et plus brillante. Elle se gravera donc mieux dans la mémoire.

De plus, le mélange entre la pensée et le phosphène fortifie certains circuits cérébraux, de telle sorte qu’après un mois d’exercices, à raison d’une demi-heure, deux fois par jour seulement, certains effets du mixage persistent entre les séances, principalement une amélioration de l’attention, ce qui est peut-être la conséquence la plus importante. Au début, nous expérimentions sans prévenir les sujets des effets que nous avions déjà constatés, et nous leur demandions de nous dire à la fin du premier mois ce qu’ils avaient noté de plus remarquable. La réponse que nous avons obtenue le plus fréquemment était « une amélioration de l’attention, non seulement pendant les expériences, mais entre elles, pour tout autre travail, ou activité de la vie courante ». Nous disions qu’il existait une modalité d’application pour chaque matière.

S’il s’agit d’une leçon d’histoire, il n’y a nul besoin de mettre toutes les images du chapitre, les unes après les autres, dans le phosphène. Il suffit de mettre les plus importantes : les noms propres et les faits saillants. Le mélange entre les pensées et les phosphènes dégage une énergie comparable à celle libérée par une combinaison chimique (sans prendre parti sur la partie intrinsèque du phénomène). L’expérience que cette énergie facilite l’assimilation partielle puis globale de la leçon.

Afin d’augmenter la quantité de l’idéation pour une narration ou une dissertation, nous faisons pratiquer le « Mixage en cascade » : le thème du devoir étant condensé et symbolisé par une image. Elle est ensuite mélangée au phosphène, ce qui facilite le phénomène d’association d’idées. La plus nette d’entre elles sera mise dans le phosphène, sous forme d’image la symbolisant, et ainsi de suite. On constate que le flot d’idées augmente à chaque nouveau mixage. Puis viennent les idées plus générales qui relient les précédentes. Le devoir est non seulement plus abondant, mais meilleur en qualité.

Pour les mathématiques, le processus le mieux adapté est un peu autre. Il a été découvert par des enfants. L’enfant se répète les hypothèses et la conclusion du problème, comme il le fait normalement pour tenter de le résoudre, pendant la fixation de la lampe. Puis, pendant le post-phosphène, il garde le vide mental. Il se produit durant ce temps, une assimilation subconsciente de données du problème. Ensuite, l’enfant trouve facilement la solution, avec la sensation agréable spécifique aux phénomènes phosphéniques.

Naturellement, ce dernier point est, pour une large part, une question d’appréciation subjective, mais il existe un domaine où les résultats du Phosphénisme sont immédiatement objectifs : c’est celui des défauts de prononciation légers. Beaucoup d’enfants qui parlent normalement avec leurs camarades, bafouillent dès qu’ils récitent une poésie devant un professeur, ou même leurs parents.

Si l’on interrompt cette récitation, pour que l’enfant forme un phosphène, puis qu’il continue à réciter sous phosphène, tout de suite la voix est plus forte, le débit plus rapide, la prononciation meilleure. Ensuite, l’enfant dit s’être souvenu plus facilement.

Le Mixage Phosphénique peut rendre également de grands services dans l’étude des langues étrangères : un professeur d’anglais a observé que si l’élève écoute un enregistrement de cette langue sous phosphène, il acquiert plus facilement l’accent. D’ailleurs, l’audition sous phosphène facilite l’attention à n’importe quelle matière scolaire, ce qui complète très utilement l’usage du magnétophone.

Certains enfants retardés mentaux tirent du Phosphénisme, toutes proportions gardées, un bénéfice encore plus grand que les enfants normaux. Il y a d’abord ceux qui souffrent de leur infériorité mentale ; ils se cramponnent au Phosphénisme comme à une bouée de sauvetage, car ils sont conscients de ses bons effets. D’autres souffrent seulement d’un retard de développement passager, sorte de blocage momentané de la fonction de croissance. On observe alors des réveils surprenants, et c’est ainsi qu’une enfant très faible en calcul est devenue normale, beaucoup plus vite que l’on pouvait l’espérer. Bien entendu, en cas de tare profonde, héréditaire ou acquise, ces effets ne sont pas obtenus.

D’autres variantes s’appliquent à la difficulté d’orthographier, pour laquelle nous ferons écrire le mot sur lequel l’élève achoppe, sous phosphène, donc en obscurité, ceci pour faire travailler la mémoire motrice et musculaire. Notons que celle-ci joue un rôle très important, comme pour l’apprentissage de la machine à écrire, sans regarder le clavier. Nous avons aussi fait quelques essais en faisant lire un texte à travers le phosphène, dans un éclairage faible, ou en provoquant la rémanence du texte à étudier par des éclairages périodiques vifs. Le texte paraît alors persister en obscurité, à tel point qu’il est possible de continuer à le lire, ou tout au moins à le relire, ce qui le grave mieux dans la mémoire. L’éclairage périodique de diapositives représentant des formules d’algèbre, conduirait à l’utilisation du même mécanisme cérébral.

Dans les cas de délinquance juvénile, on constate une amélioration du caractère et de l’intelligence, mais les rechutes ne sont pas éliminées. Ce champ de recherche reste à approfondir.

Nous avons réalisé de nombreuses expériences avec succès, mais notre souhait est que vous procédiez vous-même à vos propres expériences.

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